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articleLe Héros et sa Quête

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Le mot «Héros» désigne un personnage né de l’accouplement d’un dieu et d’une mortelle ou d’une déesse et d’un mortel. Il ou elle n’est pas un dieu ou une déesse, mais il ou elle est forcément au delà de la multitude, à cause de son origine et de la narration qu’elle implique. Pour se fondre dans la civilisation humaine, mais en y apportant sa force et sa vision, il ou elle est amené(e) à une longue épreuve, qu’on appelle la Quête.

C’est de cette quête dont parle cet article.
Parce que, quelques soient les civilisations ou les époques où une telle quête héroïque a été décrite dans l’histoire, une légende ou une mythologie, tu retrouveras toujours les mêmes éléments symboliques, qui correspondent par conséquent à des choses profondes et intemporelles dans le psychisme humain.
Et qui te concernent donc directement puisque tu es humaine…

Le héros vu par la symbolique des quatre éléments

Dans la Langue des Oiseaux, un Héros est fort ; il équilibre en lui les 4 éléments : le Feu, l’Eau, l’Air et la Terre.

C’est la destinée de tout homme debout, droit, qui par sa position verticale possède la posture «héroïque» de celui qui est lien entre le monde d’en haut et le monde d’en bas.

De l’équilibre créé par ce «carré magique», il pourra se placer au centre et atteindre à la quintessence de lui-même (le centre du carré, là où les quatre éléments sont en équilibre, forcément métastable à cet endroit genre crayon posé sur la pointe).

De lui-même, le héros n’est absolument pas dans cette position d’équilibre, et il va devoir pour s’y placer trouver en lui-même les forces nécessaires. Il le fera seul ou accompagné.

Pour les lacaniens, un Héros, c’est aussi comme sa prononciation l’indique un «air-eau» : à lui de faire le lien entre le ciel (Feu) et la terre (Terre).
 (Personnellement, je trouve cette comparaison capillotractée, et je me méfie des convergences sémantique/phonétique sauf quand elles proviennent d’un seul esprit dissocié. Tout simplement parce que ce genre de convergence n’est valable que dans une seule langue, ici le français.)
Or ce dont nous parlons a une portée générale, valable pour tout humain et son imaginaire symbolique, quelque soit son origine, sa culture, sa langue et son époque.

Mais bon bon… assez blablaté… revenons à un sujet sérieux, les fringues. Je vais te parler de l’étoffe des héros (pas facile à trouver chez H &M).

C’est quoi, l’étoffe des héros?

Le courage de quitter son passé, de partir, de renoncer à ses acquis sur tous les plans (physiques, mais aussi sa sécurité affective et ses certitudes intellectuelles).
Pourtant le courage n’est pas une vertu en tant que telle, il peut aussi servir le mal. Mais sans le courage, toutes les autres vertus sont vaines et pusillanimes.

La fidélité (de fides, foi)… à son objectif. Le héros (le chevalier dans la mythologie du Moyen-Age) est fidèle à son roi -=à son idéal solaire- et à sa dame - Héra, son âme, sa part féminine et transgénérationnelle-, aux aspects vie et conscience du moi.

La force est le pouvoir de canaliser son énergie pour la mettre au service de son idéal ou de ses espérances. La force mobilise le corps et l’esprit.

La croissance Le fait de trouver enfin sa place dans le monde et d’accepter les métamorphoses de son identité, et son intégration.

L’invincibilité L’être est invincible quand sa seule source d’inspiration est celle de sa voix/voie intérieure. Pour exister il ne dépend plus de l’approbation des autres et ne s’effondre plus sous les coups de la critique et des moqueries.

Les héros qui réussissent sont ceux qui adhèrent à leur quête de façon ferme et inconditionnelle.
Si cela n’est pas le cas, les trois éléments restant de la croix des choix, déni, rejet et refoulement interviennent et le héros échoue.
 

Sa quête, son parcours initiatique suit toujours le même schéma, dévoilé ci-après.

La quête:

Un appel, songe, oracle, commandement, force majeure...)

Tu dois quitter les chemins sûrs et les sentiers battus par les pas de la multitude.

Le Héros s’exile du monde de ses parents et de sa communauté. Ou les événements font qu’il est éjecté de sa sécurité antérieure.

L’exil est une nécessité impérieuse, et le Héros ne peut résister à son appel. C’est impossible.

Il doit partir soit vers un voyage dans un monde extérieur inconnu et plein d’embûches, soit vers une plongée dans des parts de lui-même tout aussi inexplorées, inquiétantes et génératrices de souffrance. Quelqu’il soit, son exil sera source de souffrance, d’inquiétude, de crainte diffuse.

Adhérer à tout prix à la force de ses convictions intérieures est primordial pour éviter une fuite sans issue. Les obstacles s’enchaîneront les uns après les autres pour l’obliger à reconfirmer son engagement.

Dans le mythe, cette phase première se passe souvent près des lieux de passage ou de rencontre (fleuves, grottes, ponts, etc).

Tout en restant dans l’esprit de la symbolique, remarque que dans notre monde, nous avons enfin réussi à ouvrir le passage des Enfers, celui qu’avait emprunté Orphée. Ca s’appelle l’Internet interactif, le Web 2.0. L’indigence de la terminologie prouve notre gêne devant ce fait: nous avons encore une fois acquis par la puissance de notre esprit collectif ce qui était l’apanage des dieux. T’es une déesse !

Évidemment, ces lieux sont mise en scène de l’état psychique du héros, lui-même de passage entre deux mondes, et prêt aux rencontres qui lui vanteront les mérites de tel ou tel de ces mondes.

 
D’ailleurs le Héros est lui-même de passage entre deux mondes : la mise en scène est l’expression de l’état intérieur du héros, plus exactement de la mission qu’il est destiné à accomplir.
 
 

La descente aux Enfers

C’est l’épreuve la plus difficile.

Dans le mythe grec, elle est symbolisée par {wki:Heraklès} et Persée. Il s’agit de «sauver» la partie féminine de soi-même, et aussi la partie relationnelle, celle qui nous permet de comprendre les autres (ou plutôt d’être capable d’empathie) de donner un sens à l’agitation de la vie, qu’elle ne semble pas vaine, irréalité devant le héros, seul élément stable et réel de l’univers.

Le héros doit aller au delà de cette vision, au delà de la déréalisation.

Sa vision de la descente aux Enfers sera personnelle. Il sentira au plus profond de lui-même à la fois que sa vision de la Descente aux Enfers est unique, et en même temps que tous ceux et toutes celles qui ont leur chemin de quête à parcourir subissent une épreuve semblable.

Tous différents, tous semblables: c’est au plus profond de lui-même que le héros ressent cette vérité lors de cette phase.

L'aide extérieure

À un moment, pendant la descente aux enfers, ou pendant la transgression, le chemin disparaît, ou se noie dans le brouillard, et le héros sait qu’il ne pourra aller plus loin sans une carte, un talisman, une clé, un coffre à offrir.

C’en est ainsi dans toutes les mythologies, encore plus dans les nord-européennes. Le héros est agacé par cette évidence qui lui apparaît, pendant qu’il erre dans le brouillard, ou des paysages déchiquetés.

En même temps, une autre part de lui-même a besoin de se raccrocher à la réalité que l’exil l’a obligé à fuir, et appelle le soulagement infini que lui procurera celui qui tient en main la clé de la suite de sa quête.

Alors, souvent par hasard, souvent près d’une grotte, ou d’une maisonnette couverte de lierre, ou d’un château perché sur une hauteur, à l’architecture toujours très complexe et embrouillée défiant la pesanteur, le héros trouve enfin celui qui lui remettra les moyens de continuer et d’achever sa quête. Toujours plus âgé, mais souvent très agile, intemporel.

Soulagement, mais aussi inquiétude, teintée de méfiance.

Parce que ce que lui avait dit le petit lapin, ou l’elfe, que des questions bizarres ou intrigantes lui seraient posées, s’est avéré vrai, mais les questions sont bien davantage que des questions, ce sont des coups de miroir (le miroir magique des mythes celtes)!

Quelquefois, le héros ne supporte pas, alors le mythe raconte comment il a volé la cassette qui contient la carte de sa quête, pour se rendre compte qu’elle ne contient qu’un papier blanc.

Alors, il revient penaud au mage, ayant compris que celui-ci ne possède pas la carte de sa quête, que celle-ci se dessinera au fil des coups de miroir ardent qu’il lui faut accepter.

La transgression et la purification

La conscience d’être impur aide le héros à ne pas tomber dans l’orgueil, à ne jamais se prendre pour un dieu.

En même temps, l’unicité de sa quête, la difficulté à faire partager sa quête suscite une sorte de sentiment à la fois d’injustice, de supériorité, d’isolement nécessaire mais trompeur.

Il oscille sans cesse entre ces deux pôles. Le mage, directement ou par un de ses avatars, souvent un animal volant, un corbeau, un perroquet, un phénix, le soutient dans le chemin à parcourir.

La culpabilité, liée à la transgression, est une étape normale du combat héroïque, ce grand combat pour accomplir sa destinée, devenir soi-même, unique et intégré.

Exil, mort violente ou renaissance

Cette phase est un contrepoint au premier exil lorsqu’il choisit de quitter les sentiers battus.

Il ne voit pas forcément les fruits de son combat, mais servira d’exemple pour sa communauté, diffusera l’expérience qu’il aura vécue, sera une borne dans la succession des générations de sa lignée, et témoignera de la permanence des symboles le long de la civilisation humaine.

Et toi,{lectrice}, où en es-tu aujourd'hui dans ton combat Héroïque ?


Le Héros et sa Quête
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