Annabelle Verhaeghe

2015

Je suis née peu après l’explosion de Tchernobyl.

Je fais des performances, des films, de la peinture à l’huile, des mobiles de chimères, des sons, des installations, et écrit de la poésie contemporaine.

En fait tout ça, c'est lié, c'est de plus en plus un ensemble, que j'ai clarifié pour vous ici en en sélectionnant les best off (très subjectivement).

J'ai pratiqué l’écriture de textos poèmes auprès d’une fluctuante centaine d’abonnés (2010-2014).
Avant 2010, j'ai fait des études : licence cinéma, master mise en scène et dramaturgie et Compagnie d’entrainement (formation pro au jeu).

Volontairement polymorphe, je veux poly-diffuser (car diffuser est un très beau mot : on diffuse de la lumière, des idées, des sentiments, des sons) et poly-questionner.

Je crois à la nécessité du doute et aux mondes parallèles.

Je travaille parfois avec le Muerto Coco, Anna Fagot, David Soriano, Sylvain Courtoux, Benoît Toqué ou Ludovic Girard.
En général, ça se passe bien.

J'organise ou je participe à des performances (Z.A.L., festival d'art panique Parade!, festival Entre chien et loup, Marché de la poésie de Paris, Asile 404, Inédits du CIPM, Hors-lits...), je suis présente dans des revues/livres collectifs (Hypogée, Tapin2, Lorem Ipsum, Infusion, Comme en poésie, F.P.M., Mutantisme Patch 1.2, Chuinte 1 et 2 des éd. Cabane) et j'ai exposé peintures, vidéos et installations dans les Galeries Susini et Paradis notamment (art contemporain).

Je suis membre LPO. Vous savez, la fameuse Ligue pour la Protection des Oiseaux.











Perfs

Lecture improvisée avec Ludovic Girard











Vidéos











Volumes

Installation

Peinture murale et poème sonore pour Parade! à La Fabrique APEFIM











Écrits

BIENTÔT IL FAUDRA S'ÉCARTER

Bientôt il faudra s’écarter. Bientôt il faudra s’écarter, c’est tout. Pour ne plus être à côté. Bientôt il faudra s’écarter tendrement, faire un écart, un petit puis un grand écart. Il faudra devenir souple pour s’écarter le plus possible et le plus tendrement possible. Je m’entraine, je fais les exercices pour la souplesse, le pied sur le radiateur de la salle de bain : je ferme à clé et je lance mon pied haut, je le pose sur le radiateur et je me penche dessus. Je fais comme la barre en danse classique, mais en cachette dans la salle de bain. Qu’on ne sache pas que je m’assouplis, qu’on ne puisse deviner mes intentions.
Il faudra faire attention, ne pas être surpris. Dévier l’air de rien, faire semblant d’être attirée d’un côté : oh une fleur, oh un truc qui brille par terre, oh un bruit, sans rien dire, que regarder d’un côté et dévier, quand on est déjà un peu loin des regards, un peu à l’écart, quand déjà on a ralenti pour rester en arrière, et s’éloigner subrepticement, tendrement. Ce sera vite fait, bientôt ce sera plié : mais d’abord, il faudra guetter le moment et pas se louper, pas se faire gauler. Bientôt il faudra tendrement s’écarter tendrement : je serais tendre quand je m’écarterai.






extrait L'ESPACE LIBRE ENTRE LES CHOSES EST FAIT D'HERBE

L’espace libre entre vous et moi est fait d’herbe
L’espace libre entre deux immeubles est fait d’herbe
L’espace libre entre cette voiture et ce pigeon est aussi fait d’herbe
Et l’espace libre entre mon père et ma mère est encore fait d’herbe, mais elle aurait besoin d’un bon arrosage.

Il y a des exceptions, mais :
: en général, l’espace libre entre les choses est fait d’herbe.

Et quand je dis l’espace libre entre les choses est fait d’herbe, je pense que l’air et le ciel et l’eau et le temps et les escargots et les pierres et les gens nés du chaos sont faits d’herbe, parce que l’herbe prend le soleil, parce que l’herbe fait le farniente, parce que l’herbe sent bon et s’infiltre partout -entre les immeubles et les arbres et les gens et les ruines-, mais surtout parce que l’herbe est tendre et que, comme les nuages, c’est un des trucs les plus faciles à dessiner. Et si on me donnait des milliers de feutres verts je repeindrais tout en motif d’herbe, de haut en bas
et de bas en haut

[...]






extrait LAVAGE DE CERVEAU ET PIS-ALLER

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce qu’on dit, je ne suis pas du tout d’accord avec le côté péjoratif du lavage de cerveau. Ok on pense toujours à la télé ou aux goulags ou genre aux scientifiques fous qui te triturent le cerveau mais c’est faux c’est du bourrage de crâne ça, alors que LE LAVAGE DE CERVEAU, le lavage ÇA PEUT PAS ÊTRE ÇA, ça peut pas, je veux dire :

c’est un mot si beau.

Lavage. Laaaaaavaaage. Moi je peux pas imaginer le monde sans ce mot. JE VEUX ÊTRE PURE. Je peux pas me dire le lavage, ça n’existe pas. J’ai besoin du lavage. Parce que c’est compliqué le cerveau, il y a souvent des merdes qui trainent, qu’il faut laver. C’est pas propre. J’AIMERAI LAVER MON CERVEAU COMME ON FAIT UNE CURE DE RAISINS. Ou faire comme un lavage d’estomac, mais pas ceux qu’on fait aux suicidés ratés ou aux alcoolos ratés, non non. Je dis ratés parce que, parce que Deleuze le dit, les alcoolos à qui on fait des lavages d’estomac sont ratés parce qu’un alcoolique, un vrai alcoolique, il ne fera jamais de coma éthylique, parce qu’il risquerait de ne pas se relever pour boire un dernier verre ; l’alcoolique, c’est Deleuze qui le dit, c’est le règne du dernier verre jusqu’au prochain dernier verre, c’est le règne du temps qui passe. C’est la métaphore du temps, l’alcoolo c’est la poursuite de la mort du temps, et moi JE VEUX ÊTRE PURE comme les lavages intestinaux qu’on fait aux bobos new-yorkais. Je le dis. Dans la tête. Pas dans les intestins, dans la tête.











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